FAQ Normes

Mon produit respecte une norme. Est-il forcément “parfait”, sans aucun danger pour l’environnement ?

Pour pouvoir répondre à cette question, il faut d’abord comprendre comment est construite une norme.

Imaginez un groupe de quelques dizaines de personnes d’horizons très variés (scientifiques, industriels, officiels, utilisateurs, etc…) animé d’un désir commun: définir un cahier des charges et élaborer des méthodes de contrôles concernant un matériau particulier afin de s’assurer que la production de ce dernier par tel ou tel fabricant se fera avec un seuil qualitatif minimum.
Ce n’est pas parce que le désir est commun que les exigences des uns et des autres sont communes. Il y aura parfois des discussions « âpres » pour arriver à concilier des points de vues quelquefois totalement opposés.
Un exemple? Tel spécialiste de l’environnement exige par exemple que le matériau soit biodégradable à 99 % en moins de 6 mois. Si aucun industriel n’est capable d’accéder à une telle exigence, soit la discussion s’arrête, soit on transige pour une valeur qui peut être nettement plus faible selon les réalités industrielles du moment et (ou) la puissance du lobby qui s’impose comme contradicteur.

Comme on le voit, une norme est en fait le résultat d’un consensus qui peut parfois s’écarter plus ou moins fortement des exigences scientifiques et (ou) environnementales du moment. Du fait même de son mode de conception, une norme n’est donc jamais parfaite, mais toujours perfectible.
Un autre exemple? Dans le NFU 52001 et la EN 13432 le cobalt n’est pas repris dans la liste des métaux lourds limités en quantités. Or aujourd’hui il existe des matériaux qui en contiennent des quantités très importantes, impossibles à prévoir à l’époque de l’élaboration de ces normes. Certains produits pourraient donc prétendre à l’adéquation à ces normes en « cachant » les importantes quantités de cobalt susceptibles d’être dispersées dans la nature.
La mise en place d’une norme n’arrivera en général à terme qu’au-delà de plusieurs années de réunions pluriannuelles où toutes les parties sont représentées. Selon les cas elle sera diffusée sous forme de norme expérimentale provisoire, ou de norme officielle approuvée par l’Etat français (cas de la NFU 52001) ou encore de Norme Européenne (cas de la EN 13432) ou mondiales. Les normes françaises peuvent devenir européennes et les normes européennes peuvent devenir internationales (ISO). Les normes peuvent être d’application obligatoire ou recommandée et leur non respect par un fabricant peut avoir des conséquences catastrophiques allant de la destruction du matériau non-conforme à l’interdiction de produire et de vendre.
Même si une norme reste imparfaite, elle aura au moins le mérite de limiter (souvent assez fortement) les risques de déviances qui pourraient s’avérer dangereuses pour l’homme et son environnement. La respecter c’est faire preuve conscience professionnelle et de civisme. C’est aussi rassurer le consommateur souvent perdu entre des choix de matériaux apparemment similaires mais pas forcément respectueux des normes en vigueur.
Allez faire un tour sur les sites de l’AFNOR , du CEN , du BNPP ou de l’ASTM vous y trouverez des milliers de normes différentes dans tous les domaines de l’activité humaine